dimanche 29 mars 2015

Dernières aventures de Franck...


Après mon show, pour nous "reposer", nous allons célébrer le Nouvel An à Bangkok ! 
Nous logeons dans un hôtel vraiment pas cher pour la capitale: 8€ la chambre ! Mais on sait pourquoi on ne paye pas cher: il n'y a pas de vitres, pas d'Internet ni de prises  de courant dans la chambre, et celle-ci donne sur la rue la plus touristique de Bangkok, où tous les occidentaux viennent faire la fête: les dizaines de bars et boîtes de nuit font la concurrence à celui qui mettra la musique la plus forte. Autant vous dire que l'on ne dormira pas beaucoup de la nuit ! L'ambiance est comme dans le film "Very Bad Trip": l'alcool coule à flot et toutes sortes de drogues circulent...

Comme dans un scénario écrit de toute pièce, exactement quand le compte à rebours de l'écran géant arrive à 0 et annonce la nouvelle année, on retrouve Yakuzah et Wally des cyclistes de la province du Nagaland, une région du Nord-Est de l'Inde qui revendique son indépendance (tout comme la Catalogne et l'Écosse). Ils font le tour d'Asie à vélo pour soutenir une cause écologique. Nous les avions rencontrés 1 mois auparavant, 800 km plus au Sud, sur l'île de Langkawi, en Malaisie ! 


Un hasard incroyable de se rencontrer dans cette si grande foule ! "Légèrement alcoolisé", Yakuzah passera la soirée à pleurer de joie, remerciant Vishnu, le Dieu indien, de ces retrouvailles improbables...



Après cette journée en Thaïlande, nous partons rapidement en train au Laos pour rejoindre des amis que nous avions rencontrés 2 ans auparavant, lors de notre voyage au Chili.


Le Laos est l'un des 5 derniers pays communiste au monde, c'est étonnant de voir partout le drapeau rouge frappé du marteau et de la faucille !


C'est aussi l'un des rares pays où les 2 roues sont majoritaires: c'est plaisant de rouler à moto car étant donc prioritaires, les rares voitures se serrent, on peut remonter une rue à contre sens sans que personne ne klaxonne...


Le Laos est l'un  des pays les plus pauvres au monde mais il est cependant agréable d'y vivre: les gens sont accueillants et souriants, et avec les quelques mots de lao appris et le vélo trial qui fait fureur, on arrive à entrer en contact avec les locaux. 


On loue ensuite plusieurs fois des "motobylettes" (ce sont des mobylettes 100 cm3 à 4 vitesses semi-automatiques) sur 3-4 jours pour visiter les campagnes reculées. 



Les gens sont surpris de nous voir, certains n'ont même jamais vu d'étrangers, impressionnés, ils touchent nos bras de "blancs" !


Les paysages sont magnifiques, le pays est jonché de grottes, de rivières et de cascades.




A un endroit, nous serons même obligés de faire traverser les motos sur une barque !


Nous mangeons pour à peine plus cher qu'en Malaisie, à 2€ par personne, dans des petits restaurants en bord de routes.
Ce sont des plats uniques assez bons mais pas très variés, on mange toujours du "chicken rice": un bol de riz accompagné de poulet ou du "Phad Thaï": des pâtes de riz aux cacahuètes...
Le visa d'un mois expirant, on remonte le Mékong pendant 2 jours sur de grandes jonques jusqu'en Thaïlande, où l'on se sépare de nos amis. 



C'est le retour au monde moderne: on retrouve les routes goudronées, les supermarchés, les malls...
L'image du roi est omniprésente en Thaïlande: son portrait est affiché partout, aussi bien dans la rue que sur des bâtiments, dans les supermarchés et même sur les calendriers !


Autre chose d'impressionnant: à 8h et 18h, n'importe où dans le pays, tout le monde s'arrête pendant une minute afin d'honorer le roi. Dans les villes, les rues sont bloquées et l'hymne national retentit, puis tout le monde repart comme si de rien n'était !
Nous sommes en plein Triangle d'or: c'est une zone de 400 km carré entre la Thaïlande, le Laos et la Birmanie.


On l'appelle ainsi car jusque dans les années 60, c'était un repaire de narcotrafiquants qui faisaient pousser du pavot, une plante qui produit de l'opium, et l'opium est lui même utilisé pour produire de l'héroïne. Aujourd'hui, ce trafic a casiment disparu côté Thaïlandais mais quand on va dans les montagnes, il y a des barrages militaires lourdement armés et protégés par des sacs de sable un peu partout, et dans certains villages, des femmes sur le bord de la route font signe de fumer. Nous nous sommes arrêtés par curiosité, et, même en famille avec mes petites soeurs, elles ont essayé de nous vendre de la marijuana et de l'opium ! Mais ces ventes en bord de routes sont lourdement réprimées et nous avons ainsi vu une "descente" de la police thaï, qui a embarqué tout le monde au poste pour faire quelques jours de prison !
Grâce à des connaissances rencontrées pendant mon show, j'arrive à rentrer en contact avec une communauté trialiste dans une ville du Nord de Thaïlande: Chiang Mai ! Nous allons donc "rider" dans un parc proche de la ville avec 2 jeunes trialistes vélo, Pam et Hama. Pam est l'importateur en Thailande de plusieurs marques de vélo trial, ils roulent donc avec du très bon matériel. 


Ils ont un bon niveau mais ayant appris le trial en regardant des vidéos sur Internet, ils manquent un peu de techniques sur certaines figures, je leur ai donc appris quelques astuces.


Nous rallongeons notre séjour à Chiang Mai car nous apprenons qu'il y a une compétition de moto trial à une vingtaine de kilomètres de la ville le week-end même. Le matin de la compétition, nous chargeons donc le vélo trial sur un scooter de location et après quelques difficultés avec l'itinéraire, nous arrivons finalement à bon port; les parents nous rejoindrons l'après-midi. 


Il y a en fait une manche du championnat de motocross de Thaïlande en même temps que la 4éme manche de moto trial du pays. 

Une trentaine de pilotes sont là.


Ils ont en général des gros salaires et peuvent donc se payer de bonnes motos assez récentes, mais n'ayant aucun professeur, ils manquent un peu de niveau... Nous les aidons en les assurant: on se met en haut d'un obstacle et l'on réceptionne la moto en cas de chute afin quelle n'écrase pas le motard.



Il y a vraiment une bonne ambiance entre les pilotes et nous sommes très bien accueillis: ils partagent leur repas avec nous et nous font même essayer leurs motos ! Et eux aussi essayeront presque tous mon vélo trial, surpris par son poids léger et la puissance des freins, mais pas toujours avec succès: certains tomberont sous l'hilarité générale !


Après avoir roulé en moto trial, on essaye de "rider" un éléphant ! 


Ce n'est vraiment pas notre élément ! On est plus rassuré à moto, car juché à 2,5m et monté à cru, le balancement de l'éléphant à chaque pas nous donne l'impression de tomber ! 


L'animal nous fait ensuite chuter dans l'eau glaciale une dizaine de fois et nous arosse avec sa trompe alors que l'on reprend notre souffle !

Après avoir vu des publicités en ville, nous allons voir, avec mon père et mon frère, un match de boxe thaï. À 3 sur un scooter, nous partons en pleine nuit vers le centre ville animé. Après avoir demandé plusieurs fois notre chemin, nous trouvons finalement un stand qui vend les billets d'entrée sur le trottoir. Une femme corpulente nous accoste, on paye les billets. "Where is it ?" elle nous désigne une étroite ouverture sombre et nous fait signe de la suivre... 


On se retrouve alors dans un passage bordé de part et d'autre de dizaines de bars logés dans des alcôves. Une multitude de filles "de la nuit" nous font de grands gestes et poussent des cris histériques sur notre passage. Amusés, nous continuons à suivre notre guide j'usqu'à une palissade où derièrre laquelle se tient un ring de boxe. Il y a environ une centaine de places, et suite à un quiproquo, nous nous retrouvons tout devant, en loges VIP. 


Le public est composé en majorité d'occidentaux. Dès le premier combat, on comprend vite les règles: les combatants peuvent frapper avec les poings, les pieds et les genoux. 


Après quelques matchs, nous assistons à une exhibition: 4 boxeurs dont 3 ont les yeux bandés et le quatrième les pousse les uns sur les autres... Les coups pleuvent dans le vide et parfois dans le bide ! Aprés cet intermède, on passe à la catégorie poids lourd, les coups portés sont alors très puissants, et étant au premier rang, on entend le choc des gants sur la peau ! Sur 7 combats nous assisterons à 2 K.O. Lors des derniers combats, la palissade qui nous entourait jusque là est enlevée, et on s'aperçoit en fait que le ring est entouré de bar à péripatéticienne et qu'il n'y a pas 10 mais une trentaine de bars ! Pour la sortie, même scénario qu'à l'entrée...
Une fois sur le trottoir, comme souvent en Thaïlande, des vendeurs proposent sur des stands une multitude d'insectes grillés: scorpions, araignées, grillons, blattes, cafards, vers..!




Je suis le seul à tenter l'expérience: je goûte un gros cafard ! Berk !! C'est très farineux et il reste un arrière goût pas très agréable...


Notre visa Thaïlandais expire, et n'ayant pas planifié la fin de notre voyage, nous cherchons une destination en fonction du prix des billets d'avion... L'Inde nous plaît bien mais il y a trop de complications administratives, il y a des problèmes politiques et d'insécurité en Birmanie...
Nous optons finalement pour l'Australie, une destination qui nous fait rêver, mais inaccessible pour nous depuis la France car les billets d'avions sont hors de prix.
Notre vol pour Perth part de Kuala Lumpur. Pour nous éviter 52 heures de trajet en bus et en train jusque là bas, nous voyageons pour le même prix le jour du nouvel an chinois, avec une compagnie low-cost -bien connue pour son récent crash-! jusqu'à la capitale malaise.


Nous profitons de cette opportunité pour y rester quelques jours afin de revoir Acoi et tous les trialistes de Kuala !


Ils veulent à tout prix m'acheter le vélo car ils n'en trouvent qu'au Japon et ils sont hors de prix ! Nous tombons d'accord sur un prix très intéressant  pour eux.
Je remonte donc une dernière fois tristement mon vélo...


Nous allons ensuite visiter les locaux de "Cycle World" avec mon frère, nous prenons le métro et un taxi pour y arriver.
M.Satheswaran, le patron de la revue nous attend, il nous offre plusieurs exemplaires du numero sur lequel nous paraissons et nous présente à tout les employés.


Il nous invite alors dans son bureau pour parler "affaire" ! Confortablement installés, il nous apprend que pour son prochain show à la capitale, où 40.000 personnes sont attendues, il nous invite tous frais payés depuis la France !!!
On se regarde avec mon frère, fous de joie: jamais dans nos rêves les plus fous on aurait pensé se faire inviter, à 16 ans, à l'autre bout du monde, pour aller faire les c*** à vélo devant 40.000 personnes !!
En quittant le directeur, dans une dernière poignée de mains, je me revois quelques mois plus tôt, recevant le prix Claude Fabre... Que de chemin parcouru depuis, et merci encore au jury d'avoir cru en moi...


Et c'est avec des étoiles pleins les yeux que nous nous envolons vers Perth, en Australie, le dernier continent inconnu pour nous...


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